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SCI et divorce amiable : dissolution, rachat de parts et coûts 2026

Sommaire
  1. 1. La SCI familiale au divorce : nature juridique et enjeux spécifiques
  2. 2. Option 1 — Dissolution et liquidation de la SCI
  3. 3. Option 2 — Rachat des parts sociales par l'un des époux
  4. 4. Option 3 — Maintien temporaire de la SCI en indivision
  5. 5. Tableau comparatif des trois options : coûts et délais en 2026
  6. 6. Articulation avec la convention de divorce amiable
  7. 7. Exemple chiffré complet : SCI valorisée à 400 000 €
  8. 8. Points de vigilance et recommandations pratiques
  9. FAQ — SCI et divorce amiable en 2026

Lorsque deux époux ont constitué une société civile immobilière (SCI) pour détenir un bien immobilier, le divorce par consentement mutuel soulève une question juridique distincte de la liquidation classique du régime matrimonial. La SCI est une personne morale autonome, régie par les articles 1832 et suivants du Code civil et par les articles L. 221-1 et suivants du Code de commerce. Sa dissolution ou la cession de parts entre époux obéit à des règles spécifiques, indépendantes — mais articulées avec — la convention de divorce au sens de l'article 229-1 du Code civil. Ce guide procédural détaille les trois options disponibles, leurs coûts réels en 2026 et les étapes à respecter.

En bref :

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  • Les droits d'enregistrement sur la cession de parts de SCI s'élèvent à 5 % de la valeur des parts cédées (article 726 du Code général des impôts), sans abattement en cas de divorce.
  • La dissolution d'une SCI implique une radiation au Registre du commerce et des sociétés (RCS) dans un délai moyen de 2 à 4 mois après la clôture de la liquidation.
  • La convention de divorce doit mentionner explicitement le sort des parts de SCI conformément à l'article 229-3 du Code civil (mentions obligatoires de la convention).
  • Un exemple chiffré : pour une SCI détenant un bien valorisé à 400 000 €, les droits de partage s'élèvent à 2,5 % de l'actif net, soit 10 000 € si la valeur nette est 400 000 €, auxquels s'ajoutent les honoraires notariaux.

1. La SCI familiale au divorce : nature juridique et enjeux spécifiques

La société civile immobilière (SCI) est une personne morale distincte de ses associés. Définie à l'article 1832 du Code civil, elle détient en son nom propre les biens immobiliers apportés ou acquis. Lorsque deux époux en sont tous deux associés, ils ne détiennent pas le bien immobilier directement, mais des parts sociales représentatives de leurs droits dans la société.

Cette distinction est fondamentale dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel. La liquidation du régime matrimonial, organisée par l'article 1441 et suivants du Code civil, porte sur le patrimoine personnel des époux — c'est-à-dire leurs parts sociales — et non directement sur le bien immobilier détenu par la SCI. Le notaire chargé de rédiger l'état liquidatif doit donc évaluer les parts sociales, et non le seul actif immobilier brut.

La valeur des parts s'obtient en déduisant du patrimoine net de la société (actif immobilier − passif, notamment le crédit immobilier résiduel) le montant des dettes sociales. Si la SCI détient un immeuble évalué à 400 000 € et supporte un emprunt résiduel de 150 000 €, l'actif net est de 250 000 €. Chaque époux détenant 50 % des parts, la valeur de ses parts est de 125 000 €.

Les époux disposent de trois options pour traiter la SCI dans leur convention de divorce : la dissolution-liquidation de la société, le rachat des parts d'un époux par l'autre, ou le maintien temporaire en indivision de la société. Chacune présente des implications fiscales, notariales et procédurales distinctes.

2. Option 1 — Dissolution et liquidation de la SCI

La dissolution de la SCI est la solution la plus radicale. Elle met fin à l'existence de la personne morale et entraîne la liquidation de son patrimoine. Elle est régie par les articles 1844-7 et suivants du Code civil, notamment l'article 1844-7, 4° qui prévoit la dissolution par décision des associés (dissolution anticipée volontaire).

Étapes procédurales de la dissolution

La procédure de dissolution volontaire d'une SCI comprend les étapes suivantes :

  1. Décision de dissolution : adoption d'une résolution en assemblée générale extraordinaire des associés, à la majorité prévue par les statuts (souvent l'unanimité en SCI familiale). Un procès-verbal est rédigé.
  2. Publication d'un avis de dissolution : dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège social. Coût moyen en 2026 : 180 à 250 € HT.
  3. Déclaration au greffe du tribunal de commerce : dépôt du dossier de dissolution au Registre du commerce et des sociétés (RCS) via le guichet unique de l'INPI (formalité dématérialisée depuis 2023). Frais de greffe : environ 192,01 € TTC en 2026.
  4. Liquidation : le liquidateur (souvent l'un des époux désigné par les statuts) réalise l'actif et apure le passif. Si le bien immobilier est vendu à un tiers, la vente est soumise aux droits de mutation à titre onéreux (5,80 % en moyenne). S'il est partagé entre les époux, les droits de partage s'appliquent.
  5. Clôture de la liquidation : publication d'un avis de clôture dans un JAL. Coût similaire à la publication de dissolution.
  6. Radiation du RCS : dépôt au greffe. Frais : environ 13,93 € TTC. Délai total de la procédure : 2 à 4 mois en pratique.

Lorsque la liquidation aboutit au partage du bien immobilier entre les ex-époux, les droits de partage s'élèvent à 2,5 % de l'actif net partagé (article 746 du Code général des impôts). Pour un actif net de 250 000 €, cela représente 6 250 € de droits de partage, auxquels s'ajoutent les émoluments notariaux calculés sur l'actif brut selon le tarif réglementé.

Question : Les droits de partage s'appliquent-ils à la SCI lors d'un divorce ?

Réponse : Oui, mais leur assiette porte sur l'actif net de la SCI, pas sur la valeur brute du bien immobilier. Les droits de partage au taux de 2,5 % (article 746 CGI) s'appliquent lorsque les parts ou les actifs de la SCI sont partagés entre les époux dans le cadre de la liquidation de leur régime matrimonial. Si la SCI est dissoute et le bien vendu à un tiers, ce sont les droits de mutation (5,80 %) qui s'appliquent sur le prix de vente.

3. Option 2 — Rachat des parts sociales par l'un des époux

Le rachat de parts est souvent préféré à la dissolution lorsque l'un des époux souhaite conserver le bien immobilier détenu par la SCI. Il rachète les parts de son conjoint, devient associé unique, puis peut choisir de maintenir la SCI ou de la dissoudre ultérieurement.

Juridiquement, la cession de parts sociales de SCI est un acte sous seing privé ou notarié. Elle est régie par l'article 1865 du Code civil, qui impose son opposabilité à la société par signification ou acceptation dans un acte authentique. En pratique, la cession est formalisée dans un acte notarié lors de la liquidation du régime matrimonial.

Calcul du prix de rachat (soulte)

Le prix de rachat des parts constitue une soulte versée par l'époux repreneur à l'époux cédant. Ce prix est librement fixé par les parties, mais doit correspondre à la valeur réelle des parts sous peine de requalification fiscale. La valeur des parts est calculée comme suit :

  • Valeur vénale du bien immobilier (déterminée par expertise ou accord amiable)
  • Moins : passif social (emprunt résiduel, dettes de la SCI)
  • Égale : actif net de la SCI
  • Multiplié par : quote-part de l'époux cédant (ex. 50 %)

Exemple chiffré : SCI détenant un immeuble valorisé à 400 000 €, emprunt résiduel de 150 000 €. Actif net : 250 000 €. Quote-part de chaque époux : 50 %. Soulte due : 125 000 €. Si l'époux repreneur dispose d'un prêt immobilier pour financer la soulte, la banque exigera une mainlevée de l'hypothèque existante et la souscription d'une nouvelle garantie.

Fiscalité de la cession de parts

La cession de parts de SCI entre époux dans le cadre d'un divorce est soumise aux droits d'enregistrement au taux de 5 % sur le prix de cession (article 726, I, 2° du Code général des impôts). Aucune exonération spécifique au divorce n'est prévue pour ce type d'acte. Pour une soulte de 125 000 €, les droits d'enregistrement s'élèvent à 6 250 €.

Attention : si la SCI est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), la cession de parts peut générer une plus-value professionnelle dans le chef de la SCI, distincte de la plus-value personnelle de l'époux cédant. Ce point doit être analysé par un expert-comptable avant la cession.

Question : Peut-on racheter les parts de son ex-conjoint dans une SCI sans passer par un notaire ?

Réponse : La cession de parts de SCI peut théoriquement être réalisée par acte sous seing privé, mais dans le cadre d'un divorce amiable, le recours au notaire est obligatoire dès lors que la convention de divorce emporte liquidation du régime matrimonial incluant un bien immobilier ou des droits immobiliers (article 229-1 alinéa 2 du Code civil). Le notaire formalise la cession dans l'état liquidatif et assure l'opposabilité de l'acte aux tiers.

4. Option 3 — Maintien temporaire de la SCI en indivision

Les époux peuvent décider de maintenir la SCI après le divorce, en demeurant tous deux associés. Cette option est possible lorsque le bien ne peut pas être vendu immédiatement (marché défavorable, locataire en place, désaccord sur la valeur) ou lorsque les époux souhaitent conserver un investissement locatif commun.

Dans ce cas, la convention de divorce mentionne explicitement le maintien de la SCI et organise ses modalités de gestion future : désignation du gérant, règles de vote pour les décisions importantes, conditions de sortie future. Ces stipulations sont intégrées soit dans la convention de divorce, soit dans un avenant aux statuts de la SCI.

Le maintien en société présente cependant des risques pratiques. En cas de désaccord ultérieur, l'un des associés peut demander la dissolution judiciaire de la SCI sur le fondement de la mésentente entre associés (article 1844-7, 5° du Code civil), ce qui entraîne des frais de procédure supplémentaires. La Cour de cassation a rappelé, dans un arrêt du 16 juin 2021 (n° 19-21.357), que la mésentente entre associés doit paralyser effectivement le fonctionnement de la société pour justifier une dissolution judiciaire.

Question : Que se passe-t-il si les deux ex-époux restent associés dans la SCI après le divorce ?

Réponse : Les deux ex-époux conservent leurs droits et obligations d'associés. Ils continuent à percevoir les bénéfices distribués au prorata de leurs parts et à supporter les pertes éventuelles. La SCI demeure une personne morale autonome : le divorce ne modifie pas ses statuts ni sa gestion, sauf si les époux décident de les modifier par acte complémentaire. Une clause de rachat forcé peut utilement être prévue dans la convention de divorce pour organiser la sortie à terme.

5. Tableau comparatif des trois options : coûts et délais en 2026

Option Droits fiscaux Honoraires notariaux (estimation) Frais annexes Délai Complexité
Dissolution + partage du bien 2,5 % sur actif net partagé (art. 746 CGI) 1 500 – 4 000 € JAL × 2 : ~500 € ; greffe : ~206 € 2 à 4 mois Élevée
Dissolution + vente à tiers 5,80 % droits de mutation (acheteur) 1 500 – 3 500 € (acte de vente) JAL × 2 : ~500 € ; greffe : ~206 € 2 à 5 mois Élevée
Rachat de parts (soulte) 5 % sur prix des parts (art. 726 CGI) 1 200 – 3 000 € Modification statuts : ~300 € 1 à 2 mois Moyenne
Maintien de la SCI Aucun droit immédiat 500 – 1 500 € (rédaction convention) Avenant statuts : ~300 € 1 mois Faible (à court terme)

Estimations calculées pour une SCI détenant un bien de 400 000 € avec un passif de 150 000 €. Les honoraires notariaux sont calculés selon le tarif réglementé (décret n° 2016-230 du 26 février 2016, modifié). Les droits fiscaux sont calculés sur l'actif net de 250 000 €.

6. Articulation avec la convention de divorce amiable

La convention de divorce par consentement mutuel, régie par l'article 229-1 du Code civil, doit mentionner le sort de l'ensemble des biens des époux. En présence d'une SCI, l'article 229-3 impose que la convention soit accompagnée d'un état liquidatif établi par notaire si les époux détiennent des droits portant sur des biens soumis à publicité foncière ou des droits sociaux assimilables.

La Cour de cassation a précisé, dans un arrêt du 7 novembre 2018 (1ère Civ., n° 17-26.232), que l'état liquidatif notarié est obligatoire dès lors que la convention de divorce emporte liquidation de droits immobiliers, y compris indirectement via des parts de société civile immobilière. L'absence d'état liquidatif notarié entraîne la nullité de la convention sur ce point.

La convention doit ainsi préciser : l'identité de la SCI (dénomination, SIREN, siège), la valeur des parts de chaque époux, l'option retenue (dissolution, cession, maintien), le prix de la soulte éventuelle et ses modalités de paiement, et la désignation du notaire chargé de recevoir l'acte. Ces mentions permettent à l'avocat contresignataire de satisfaire aux exigences de l'article 229-3, 6° du Code civil.

Question : La convention de divorce doit-elle mentionner la SCI même si les époux décident de la maintenir ?

Réponse : Oui, absolument. L'article 229-3 du Code civil exige que la convention mentionne l'ensemble des biens des époux, y compris leurs parts sociales dans une SCI. Même en cas de maintien de la société, la convention doit préciser la répartition des parts, les modalités de gestion future et les conditions de sortie éventuelle. Omettre la SCI expose à une contestation ultérieure de la liquidation du régime matrimonial.

7. Exemple chiffré complet : SCI valorisée à 400 000 €

Prenons l'exemple de deux époux, M. et Mme D., mariés sous le régime de la communauté légale, qui ont constitué une SCI à parts égales (50/50) pour acquérir un appartement locatif valorisé en 2026 à 400 000 €. La SCI supporte un emprunt résiduel de 150 000 €. Mme D. souhaite racheter les parts de M. D.

Calcul de la soulte :

  • Valeur vénale du bien : 400 000 €
  • Passif de la SCI : 150 000 €
  • Actif net de la SCI : 250 000 €
  • Quote-part de M. D. (50 %) : 125 000 €
  • Soulte due par Mme D. à M. D. : 125 000 €

Coûts de l'opération :

  • Droits d'enregistrement (5 % × 125 000 €) : 6 250 €
  • Honoraires notariaux (état liquidatif + acte de cession) : 2 500 € environ
  • Modification des statuts et formalités INPI : 300 €
  • Honoraires des avocats (convention de divorce) : 1 200 à 2 500 €
  • Total estimé : 10 250 à 11 550 €

À titre de comparaison, si les époux avaient choisi la dissolution et le partage du bien, les droits de partage auraient été de 2,5 % × 250 000 € = 6 250 €, mais les frais de liquidation de la SCI (JAL, greffe, liquidateur) auraient représenté un surcoût de 700 à 1 000 €. Le rachat de parts est donc légèrement plus coûteux fiscalement (5 % vs 2,5 %), mais plus rapide et moins complexe procéduralement.

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8. Points de vigilance et recommandations pratiques

Plusieurs points méritent une attention particulière lors du traitement d'une SCI dans un divorce amiable.

1. La clause d'agrément des statuts. De nombreuses SCI familiales prévoient dans leurs statuts une clause d'agrément des cessions de parts entre associés (article 1861 du Code civil). Cette clause peut imposer l'accord préalable des associés ou de la gérance pour toute cession. En cas de divorce, si l'un des époux est le seul gérant, il doit veiller à ne pas se placer en situation de conflit d'intérêts lors de l'approbation de la cession.

2. La situation du crédit immobilier. Le rachat de parts ne transfère pas automatiquement la dette bancaire. La banque doit donner son accord pour libérer l'époux cédant de sa caution ou de son engagement de co-emprunteur. Sans désolidarisation bancaire formelle, l'époux cédant reste engagé vis-à-vis de la banque même après la cession de ses parts.

3. La fiscalité des loyers perçus. Si la SCI est soumise à l'impôt sur le revenu (régime transparent), les loyers sont imposés entre les mains des associés au prorata de leurs parts. Après cession, l'époux repreneur supporte seul l'imposition des revenus fonciers. Ce changement de situation fiscale doit être anticipé dès la première déclaration de revenus suivant le divorce.

4. Recours à un expert-comptable. Si la SCI tient une comptabilité, la dissolution ou la cession de parts implique l'établissement de comptes de liquidation ou de comptes de clôture d'exercice. Un expert-comptable doit être associé à la procédure pour sécuriser les aspects comptables et fiscaux. Il est vivement recommandé de consulter un avocat spécialisé en droit des sociétés conjointement à l'avocat en droit de la famille.

FAQ — SCI et divorce amiable en 2026

Question : Peut-on dissoudre une SCI dans la convention de divorce ?

Réponse : Non directement. La convention de divorce mentionne le sort des parts sociales et l'option choisie, mais la dissolution de la SCI est une procédure distincte régie par le Code civil (articles 1844-7 et suivants) et le Code de commerce. Elle nécessite une résolution d'assemblée, des publications légales et une radiation au RCS. La convention de divorce peut toutefois prévoir l'engagement des deux époux de procéder à la dissolution dans un délai déterminé.

Question : Quels droits fiscaux s'appliquent au rachat de parts de SCI lors d'un divorce ?

Réponse : Le rachat de parts de SCI est soumis aux droits d'enregistrement au taux de 5 % sur le prix de cession, conformément à l'article 726, I, 2° du Code général des impôts. Aucune exonération spécifique au divorce n'existe pour les cessions de parts sociales. Pour un rachat à 125 000 €, les droits s'élèvent à 6 250 €.

Question : Combien de temps prend la dissolution d'une SCI lors d'un divorce amiable en 2026 ?

Réponse : La dissolution complète d'une SCI prend entre 2 et 4 mois en pratique, depuis la décision des associés jusqu'à la radiation au RCS. Ce délai s'ajoute à celui du divorce amiable lui-même (1 à 3 mois pour la signature et le dépôt de la convention). Les deux procédures peuvent être menées en parallèle, mais la convention de divorce doit être signée avant ou simultanément à la réalisation de la cession ou de la dissolution.

Question : Un époux peut-il être seul associé dans une SCI après le rachat des parts de l'autre ?

Réponse : Oui. Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, la SCI unipersonnelle est possible. L'associé unique peut maintenir la SCI ou procéder à sa dissolution. Si la SCI reste unipersonnelle pendant plus d'un an sans régularisation, le tribunal peut prononcer sa dissolution judiciaire (article 1844-5 du Code civil). La dissolution volontaire immédiate est donc souvent conseillée si l'époux repreneur n'a pas d'intérêt à maintenir la structure sociétaire.

Question : Les droits de partage s'appliquent-ils si la SCI vend son bien immobilier à un tiers ?

Réponse : Non. Si la SCI vend son bien à un tiers avant la dissolution, la vente est soumise aux droits de mutation à titre onéreux (5,80 % en moyenne, à la charge de l'acheteur). Le produit de la vente est ensuite partagé entre les associés lors de la liquidation de la SCI. Le partage du boni de liquidation entre les époux peut alors être soumis aux droits de partage de 2,5 % s'il s'inscrit dans la liquidation du régime matrimonial.

Question : Le notaire du divorce amiable peut-il s'occuper également de la dissolution de la SCI ?

Réponse : Oui, le notaire chargé de recevoir la convention de divorce (dépôt de l'article 229-1 du Code civil) peut également formaliser les actes relatifs à la SCI : état liquidatif, acte de cession de parts ou procès-verbal de dissolution. Il est recommandé de confier l'ensemble des actes à un seul notaire pour optimiser les coûts et les délais, même si les deux époux peuvent chacun mandater leur propre notaire.

Questions fréquentes

Non directement. La convention de divorce mentionne l'option choisie (dissolution, cession ou maintien), mais la dissolution de la SCI est une procédure autonome régie par les articles 1844-7 et suivants du Code civil. Elle requiert une résolution d'assemblée, deux publications dans un journal d'annonces légales et une radiation au RCS. La convention peut prévoir un engagement des époux de dissoudre dans un délai défini.
Le rachat de parts de SCI est soumis aux droits d'enregistrement au taux de 5 % sur le prix de cession (article 726, I, 2° du Code général des impôts). Aucune exonération liée au divorce n'existe pour les cessions de parts sociales. Pour un rachat à 125 000 €, les droits s'élèvent à 6 250 €, auxquels s'ajoutent les honoraires notariaux.
La dissolution complète d'une SCI prend entre 2 et 4 mois, de la décision des associés à la radiation au RCS. Ce délai s'ajoute à celui du divorce amiable (1 à 3 mois). Les deux procédures peuvent être menées en parallèle, la convention de divorce devant être signée avant ou simultanément à la réalisation des actes relatifs à la SCI.
Oui. L'article 229-3 du Code civil exige que la convention mentionne l'ensemble des biens et droits des époux, y compris leurs parts sociales. Même en cas de maintien, la convention doit préciser la répartition des parts, les modalités de gestion future et les conditions de sortie. Omettre la SCI expose à une contestation ultérieure de la liquidation du régime matrimonial.
Oui. Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, la SCI unipersonnelle est juridiquement possible. Si la SCI reste unipersonnelle plus d'un an sans régularisation, le tribunal peut prononcer sa dissolution judiciaire (article 1844-5 du Code civil). La dissolution volontaire immédiate est souvent recommandée si l'époux repreneur n'a pas d'intérêt à maintenir la structure.
Pour une SCI détenant un bien de 400 000 € avec 150 000 € de passif, le rachat de parts à 125 000 € génère environ 10 250 à 11 550 € de coûts totaux : 6 250 € de droits d'enregistrement (5 %), 2 500 € d'honoraires notariaux, 300 € de formalités INPI et 1 200 à 2 500 € d'honoraires d'avocats. La dissolution avec partage est légèrement moins coûteuse fiscalement (droits de partage à 2,5 %) mais plus longue.